CRITIQUE | BlacKkKlansman : Et c’est une histoire vraie !

un biopic drôle et puissant

Le productif Spike Lee propose en cet fin d’août d’aborder une histoire plus qu’originale avec son BlacKkKlansman : celle d’un noir qui infiltre le Ku Klux Klan. Impossible me direz vous ? Et pourtant, ce n’est ni plus ni moins un fait réel.

Grand Prix du Festival de Cannes 2018, BlacKkKlansman : J’ai inflitré le Ku Klux Klan risque de continuer de faire parler de lui. Loin du film ultra violent et sérieux, le réalisateur choisit de tourner en ridicule la secte mondialement connue, en se basant sur un événement réel qui paraît improbable. Tout au long du film, l’humour est l’arme principale de Spike Lee. A coup de dialogues corrosifs et percutants, il démonte tour à tour les idéaux arriérés et conservateurs d’une Amérique profonde.

critique blackkklansman photoPour ce faire, il s’entoure d’un casting brillant. Dans le rôle principal, John David Washington, encore peu connu, promet un bel avenir dans le monde du cinéma. Il interprète avec aisance et un naturel certain son rôle de jeune flic en quête de justice. On ne présente par ailleurs plus l’excellent Adam Driver, toujours aussi juste. A leurs côté, deux acteurs de la sphère Ku Klux Klan, Jasper Pääkkönen et Paul Walter Hauser (aperçu dans I Tonya) cabotinent légèrement mais c’est avec un tel panache qu’on ne peut que jubiler à chaque instant.

Néanmoins si le film force sur l’aspect humoristique, c’est pour mieux rappeler à l’ordre ; d’abord grâce à un montage intelligent construit en parallèle entre une messe du KKK et de l’autre le récit de la torture publique d’un noir. Pour finir, les cinq dernières minutes du long métrage mettent K.O. une salle complète, qui hilare, se réduit en un silence pesant et dur. En s’appuyant sur des extraits d’images réelles de propos du président Donald Trump et des attentas de Charlottesville, il nous rappelle que le racisme n’est pas de l’ordre du passé ou de la fiction, mais bien un fait toujours brûlant d’actualité.

BlacKkKlansman : J’ai inflitré le Ku Klux Klan, c’est ce genre de films qu’il faut avoir vu. Parce qu’il déterre des événements du passé pour mieux parler du présent et parce qu’il brille par ses propos. Superbe bande son aux esgourdes, le réalisateur livre un biopic, mais aussi un policier aussi tendu que drôle qui porte à réflexion. Spike Lee continue de lever le poing. 

BlacKkKlansman Couverture du livre BlacKkKlansman
Spike Lee
John David Washington, Adam Driver, Topher Grace
Biopic, Comédie, Policier
Américain
22 août 2018

Au début des années 70, au plus fort de la lutte pour les droits civiques, plusieurs émeutes raciales éclatent dans les grandes villes des États-Unis. Ron Stallworth devient le premier officier Noir américain du Colorado Springs Police Department, mais son arrivée est accueillie avec scepticisme, voire avec une franche hostilité, par les agents les moins gradés du commissariat. Prenant son courage à deux mains, Stallworth va tenter de faire bouger les lignes et, peut-être, de laisser une trace dans l'histoire. Il se fixe alors une mission des plus périlleuses : infiltrer le Ku Klux Klan pour en dénoncer les exactions.

En se faisant passer pour un extrémiste, Stallworth contacte le groupuscule : il ne tarde pas à se voir convier d'en intégrer la garde rapprochée. Il entretient même un rapport privilégié avec le "Grand Wizard" du Klan, David Duke, enchanté par l'engagement de Ron en faveur d'une Amérique blanche. Tandis que l'enquête progresse et devient de plus en plus complexe, Flip Zimmerman, collègue de Stallworth, se fait passer pour Ron lors des rendez-vous avec les membres du groupe suprémaciste et apprend ainsi qu'une opération meurtrière se prépare. Ensemble, Stallworth et Zimmerman font équipe pour neutraliser le Klan dont le véritable objectif est d'aseptiser son discours ultra-violent pour séduire ainsi le plus grand nombre.