CRITIQUE | Thunder road : un film doux amer

On oscille constamment entre rires et larmes

Révélation du Festival du Cinéma Américain de Deauville avec son Thunder road, Jim Cummings (II) est cet homme à tout faire : réalisateur, acteur, scénariste, monteur, compositeur. Un petite pépite semble être née.

Jim Cummings (II) n’était pas censé incarner en premier lieu son personnage. Mais au fil des castings, impossible de trouver la perle qui composerait de façon aussi nuancée et déjantée Jimmy Arnaud : ce flic en plein dépression qui, après avoir foiré l’enterrement de sa mère, déraille littéralement.

critique thunder road extrait

Si le film reste somme toute anecdotique, on ne peut que saluer la performance de Jim Cummings (II) qui accapare littéralement l’écran, en éclipsant tout le reste. Rien d’égoïste là dedans, simplement une métaphore de se sentiment de solitude écrasant qui tombe sur les épaules des dépressifs. Comme si plus rien au monde n’existait d’autre que cette souffrance omniprésente et insupportable. Jimmy Arnaud n’a plus personne. Des collègues qui le méprisent, une ex femme qui le déteste, une fille qui l’ignore, une mère décédée, un frère et une sœur absents. Hormis un ami qui tente tant bien que mal de lui apporter un semblant de soutien, Jimmy est seul et cette solitude transpire littéralement de l’écran.

Jim Cummings (II) parvient à montrer toutes les facettes de la dépression à travers une performance impressionnante qui fait passer du rires aux larmes, tantôt pour le ridicule des situations, tantôt pour la douleur flagrante. Jimmy est en colère, perdu, désemparé, triste, maladroit et ne parvient tout simplement plus à interagir en société. Toutes les palettes de ses émotions se dessinent parfois en une fraction de seconde sur les traits de son interprète magistral, même si un tantinet cabotin.

 I just can’t face myself alone again

Thunder road, Bruce Spingsteen

Thunder road, c’est cette descente vers les enfers intérieurs de l’être humain, desquels il est difficile de remonter et toujours aussi mal perçu par la société. Même si le film évoque un sujet délicat et épineux, l’humour reste toujours présent et Jim Cummings (II) maîtrise parfaitement les ruptures de tons.

Et comment ne pas saluer cette jolie boucle ? D’abord cette première scène grandiose et ridicule de l’enterrement, filmée en plan séquence, et le flash back final qui nous la rend beaucoup plus belle qu’elle n’y paraît en premier lieu.

Jim Cummings (II) signe avec Thunder road un film doux amer qui promet un bel avenir à cet artiste complet. 

Thunder road Couverture du livre Thunder road
Jim Cummings (II)
Jim Cummings (II), Kendal Farr, Nican Robinson...
Comédie, Drame
Américain
12 septembre 2018

L'histoire de Jimmy Arnaud, un policier texan qui essaie tant bien que mal d'élever sa fille. Le portrait tragi-comique d'une figure d'une Amérique vacillante.