films-2016-05-13-07-16-23-dégradéDégradé

Réalisateur(s) : Arab Nasser, Tarzan Nasser
Casting :Hiam Abbass, Victoria Balitska, Manal Awad…
Genre : Comédie dramatique
Pays : France / Palestine / Qatar

Crédits photos : Le Pacte


Une famille mafieuse a volé le lion du zoo de Gaza et le Hamas décide de lui régler son compte ! Prises au piège par l’affrontement armé, treize femmes se retrouvent coincées dans le petit salon de coiffure de Christine. Ce lieu de détente devenu survolté le temps d’un après-midi va voir se confronter des personnalités étonnantes et hautes en couleur, de tous âges et de toutes catégories sociales…


Chronique

Dégradé se construit sous la forme d’un huis clos et de discussions entre femmes dans un salon de coiffure/esthétique à Gaza. Sous couvert d’apparents dialogues féminins, Dégradé soulève un tas de problématiques.

On y aborde l’épineux et évident sujet de la politique en Israël, on effleure le thème de la religion, on évoque beaucoup les problèmes de société et de mœurs ou encore de la place et de la condition des femmes par rapport aux hommes dans ce pays.

De façon un peu plus sous-jacente, on parle également des relations entre femmes, non spécifiquement celles d’Israël, mais les femmes en général qui adorent les ragots et s’envoyer des piques entre elles. Bref, le film sous ses apparences simplistes notamment en matière de réalisation, se révèle particulièrement complexe et étoffé.

La force de Dégradé, et le challenge que demande un huis clos, réside dans le choix des actrices qui sont toutes très excellentes dans leurs rôles respectifs. On pourrait peut-être se dire, à juste titre, qu’elles sont parfois trop stéréotypées, mais elles n’en restent pas moins touchantes et permettent de découvrir, tantôt de façon cocasse tantôt de façon plus sombre, toutes les facettes du corps social. La plupart sont inconnues au bataillon, nous découvrons donc avec plaisir de nouveaux visages dont il faudra se rappeler ; hormis Hiam Abbass, impeccable et glaçante dans son rôle de divorcée amère, froide et détestable.

Le principal défaut du film réside néanmoins dans son rythme un poil faiblard. L’exercice du huis clos n’est certes pas évident, toutefois l’ensemble pourtant court semble traîner en longueur et se répéter. La première demi-heure offre une excellente entrée en matière maîtrisée. La dernière, au paroxysme de la tension, nous tient en haleine. En revanche, la tranche du milieu s’essouffle dans une nervosité factice, là où il aurait fallu une montée en tension évidente jusqu’au bouquet final.

Néanmoins, les jeunes réalisateurs, les frères Nasser, signent une première œuvre forte, bourrée d’émotions, nous plongeant dans une culture et un monde qui nous paraissent surréalistes alors que le sujet est plus que d’actualité.

Note : 3/5