CRITIQUE | Jurassic World : Fallen Kingdom

CRITIQUE | Jurassic World : Fallen Kingdom

Juan Antonio Bayona, au commande de Jurassic World : Fallen Kingdom, signe une suite sombre et gothique bien plus surprenante et inattendue que l'avait été le précédent. Un renouveau chez les dinos ?

Jurassic World : Fallen Kingdom :
Une suite sombre et gothique

Juan Antonio Bayona nous avait littéralement sidéré avec son très poignant Quelques minutes après minuit l’an passé (N°1 du TOP 10 2017 pour rappel). C’est donc avec un petit sentiment de frisson que l’on attendait Jurassic World : Fallen Kingdom, et ce malgré un premier opus décevant, en raison du copier-coller du chef d’oeuvre de Steven Spielberg et de certaines inepties. Bayona renouvelle alors la franchise en lui donnant une tonalité propre à son cinéma gothique.

jurassic world 2 critiqueÀ s’y méprendre, on pourrait à le lecture du synopsis s’attendre à une redite du Monde Perdu, la suite de Jurassic Park, dans laquelle les dinosaures envahissent la ville. Mais ici, il n’est plus question d’aucun parc.

Après quatre opus, le réalisateur abandonne enfin l’idée génialissime du premier qui s’était au fur et à mesure épuisée. Non, ici les dinosaures font l’objet d’une grande question morale et épineuse : faut-il laisser des êtres vivants mourir, au risque de mettre en péril l’humanité qui les a elle-même créés ? La responsabilité des torts est la question centrale du film, car aucune réponse ne sera la bonne. Quelle sublime et déchirante scène alors nous offre Bayona dans laquelle le dernier des Brachiosaures laissé sur l’île tente en vain d’échapper à la lave ardente !

À cette réflexion, le réalisateur ajoute également les délires futiles et pourtant si réalistes des grands riches capable de dilapider des millions pour obtenir un dinosaure, qui pour en faire une arme de guerre, qui parce que le fiston fait un caprice. Dès lors, l’humanité si imparfaite, cupide de pouvoir et de se prendre pour Dieu, se dirige vers sa propre perte. Tels sont les grands raisonnements de Fallen Kingdom.

Pour appuyer ses propos, Juan Antonio Bayona mise sur une superbe photographie sombre et rougeoyante ainsi qu’une ambiance gothique bien plus effrayante et surprenante que les trois derniers films. Il réveille les peurs enfantines en chacun de nous grâce à des hors champs, des jeux d’ombre et des plans angoissants dans une chambre. Le réalisateur apprend également des erreurs de Jurassic World grâce à des clins d’œil autour du personnage interprété par Bryce Dallas Howard qui se révèle cette fois-ci bien plus crédible.

Jurassic World : Fallen Kingdom est un opus dans lequel se font échos émerveillement, terreur et mélancolie mais il est avant tout surprenant pour ses problématiques cornéliennes autour de la responsabilité et son atmosphère sinistre influencée par le cinéma fantastique. 

Jurassic World : Fallen Kingdom Couverture du livre Jurassic World : Fallen Kingdom
Juan Antonio Bayona
Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Rafe Spall, Justice Smith, James Cromwell, Toby Jones,...
Aventure / Science Fiction
Américain
Juin 2018

Cela fait maintenant trois ans que les dinosaures se sont échappés de leurs enclos et ont détruit le parc à thème et complexe de luxe Jurassic World. Isla Nublar a été abandonnée par les humains alors que les dinosaures survivants sont livrés à eux-mêmes dans la jungle. Lorsque le volcan inactif de l'île commence à rugir, Owen et Claire s’organisent pour sauver les dinosaures restants de l’extinction.  Owen se fait un devoir de retrouver Blue, son principal raptor qui a disparu dans la nature, alors que Claire, qui a maintenant un véritable respect pour ces créatures, s’en fait une mission. Arrivant sur l'île instable alors que la lave commence à pleuvoir, leur expédition découvre une conspiration qui pourrait ramener toute notre planète à un ordre périlleux jamais vu depuis la préhistoire.