La Planète des singes – Suprématie

La_Planete_des_singes_Suprematie2Paradoxe d’humanité

Matt Reeves, qui avait réalisé le précédent La Planète des singes – L’affrontement, est de nouveau au commande pour le troisième et dernier volet de la trilogie qu’il conclut brillamment.

Dans ce film, la fin de l’humanité est proche, décimée par le virus qu’elle avait lancée, mais également parce qu’elle est incapable de s’unir face à sa propre extinction. Les singes, débarrassés de Koba, quant à eux se battent pour protéger les leurs et pour la survie du groupe. César va devoir alors affronter ses propres démons.

Matt Reeves propose un film justement dosé entre scènes d’actions épiques d’une efficacité redoutable avec des plans incroyables et des effets spéciaux époustouflants, de petites touches d’humour grâce au personnage de Bad Ape, qui judicieusement placées, détendent l’atmosphère lourde, ainsi qu’une réflexion profonde et intelligente autour de la question de l’humanité. L’ensemble est bourré de tout un panel d’émotions, à tel point que le spectateur ressort de la salle assurément touché.

La grande intelligence du film est de ne pas tomber dans une guerre entre singes et humains, mais une autodestruction de l’humanité que les singes subissent. Les humains, perdant alors tout ce qui faisait d’eux leur humanité (intelligence, empathie…) et surtout l‘espèce dominante grâce au langage, se voient au fur et à mesure redevenir sauvages. Muets et au comportement animalier, ce sont eux à présent les bêtes, les monstres, tandis que les singes gagnent toujours plus en intelligence et enrichissent leur capacité de langage, devenant alors les garants de l’humanité et de toutes les valeurs qu’elle implique comme la bonté et l’union.

La notion de méchanceté est également très nuancée, qu’il s’agisse des singes qui trahissent les autres par peur de la mort, ou le colonel, au premier abord, un monstre de cruauté qui, au final, est lui aussi terrorisé de la fin de l’humanité et ne cherche que dans sa folie à sauver les humains non affectés par le virus. Et pourtant, même si l’on y voit ici une critique acerbe de notre société et notre espèce, le réalisateur y apporte une note d’espoir à travers le personnage interprété par la jeune et prometteuse Amiah Miller, qui offre deux scènes absolument sublimes de tendresse et de poésie.

Ce volet fait également le pont avec le roman de Pierre Boulle dont il est inspiré ainsi que le film de 1968 de Franklin J. Schaffner en plantant le décor d’origine et en y introduisant les personnages principaux que sont Cornélius, le chimpanzé biologiste, et Nova, une humaine sauvage ; deux personnages qui aideront le héros.

Brillamment interprété par d’excellents acteurs notamment Andy Serkis et Woody Harrelson, La Planète des singes – Suprématie est sans conteste le grand film de l’été et certainement l’un des grands blockbusters de l’année.

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Fiche technique

Réalisateur(s) : Matt Reeves
Casting : Andy Serkis, Woody Harrelson, Steve Zahn, Amiah Miller…
Genre : SF
Pays :  Américain
Production : Chernin Entertainment

Synopsis

Dans ce volet final de la trilogie, César, à la tête des Singes, doit défendre les siens contre une armée humaine prônant leur destruction. L’issue du combat déterminera non seulement le destin de chaque espèce, mais aussi l’avenir de la planète.