films-2016-05-15-18-27-56-moneyMoney Monster

Genre : Thriller

Pays : États-Unis

Réalisateur(s) : Jodie Foster

Casting: George Clooney, Julia Roberts, Jack O’Connell

Crédits photographiques : Sony Pictures Releasing France


Lee Gates est une personnalité influente de la télévision et un gourou de la finance à Wall Street. Les choses se gâtent lorsque Kyle, un spectateur ayant perdu tout son argent en suivant les conseils de Gates, décide de le prendre en otage pendant son émission, devant des millions de téléspectateurs…


Chronique

Le moins qu’on puisse dire c’est que le Money Monster de Jodie Foster, présenté au Festival de Cannes dans la sélection Hors-Compétition, fait parler de lui. Ce n’est peut-être pas tant pour sa forme et son scénario qui demeure un film de prise d’otages relativement classique, mais davantage pour les différents points de vue adoptés. En effet, les personnages tout comme les spectateurs, mis en abîme face à l’écran, se retrouvent souvent confrontés à la vision du spectacle au travers des nouvelles technologies (écran de télévision, internet, réseaux sociaux…).

Dans un monde où la diffusion d’informations devient maîtresse, on se prend une petite piqûre de rappel, car la critique de ces médias est omniprésente. Elle nous montre à quel point l’humain peut se sentir détaché face à la violence, même en directe, et qu’il est capable de prendre cela au mieux pour un divertissement, au pire de façon totalement détaché. La conclusion du film qui montre un « même » largement repris et diffusé sur YouTube serait l’exacte vérité de ce qu’il se serait réellement passé.

Outre la critique des médias, c’est également une critique virulente envers la finance, le show, l’absence d’empathie du grand public qui pouvait aider le présentateur. Ce qui est aussi violemment balancé au visage du spectateur, c’est ce décalage entre le sérieux de la finance et la quête d’audience effrénée qui pousse le présentateur a finalement faire « n’importe quoi » tant qu’il a ses spectateurs. La critique est ici de décrédibiliser et de rendre anodin les rouages de la finance, alors que certaines personnes, notamment le preneur d’otages, misent toutes ses petites économies pour pouvoir s’en sortir.

Le choix des acteurs se révèlent excellents. George Clooney est parfait dans son rôle de présentateur hypocrite et amuseur de galerie, mais également par toutes les phases dans lesquelles il passe après avoir été menacé : peur panique, incompréhension, cynisme, provocation, pitié, altruisme. C’est une multitudes d’émotions qui le traversent et qui sont brillamment interprétées. Julia Roberts crève également l’écran dans son rôle de réalisatrice qui parvient à garder un calme olympien pour sauver son équipe. Jack O’Connell, quant à lui, propose un personnage meurtri et dévasté que l’on prend en premier lieu pour un cinglé et qui pourtant parvient à nous toucher par sa naïveté.

En somme, ce n’est pas le film de l’année, mais la recette simple et efficace ainsi que l’angle abordé en font un long-métrage intéressant.

Note : 3/5