Réparer les vivants

150369Réparer les vivants
Réalisateur(s) : Katell Quillévéré
Casting : Tahar Rahim, Emmanuelle Seigner, Anne Dorval…
Genre : Drame
Pays : France

Distribution : Mars Film


Tout commence au petit jour dans une mer déchaînée avec trois jeunes surfeurs. Quelques heures plus tard, sur le chemin du retour, c’est l’accident. Désormais suspendue aux machines dans un hôpital du Havre, la vie de Simon n’est plus qu’un leurre. Au même moment, à Paris, une femme attend la greffe providentielle qui pourra prolonger sa vie…


 Chronique

Réparer les vivants, c’est l’histoire d’un cœur. L’histoire de sa transplantation cardiaque à partir du moment où un jeune homme est victime d’un tragique accident jusqu’à ce qu’il sauve la vie d’une dame souffrante.

Tiré du magnifique roman de Maylis de Kerangal, qui avait réussi à faire palpiter de nombreux lecteurs au travers de sa poésie, Réparer les vivants a également fait l’objet de deux adaptations au théâtre (cf article sur Maylis de Kerangal). C’est dire la fascination et l’engouement que procure cette œuvre.

C’est la jeune Katell Quillévéré qui est choisie par l’auteur pour adapter son livre au cinéma. Le film s’ouvre sur de splendides scènes de surf, filmées de façon merveilleuse et poétique, ainsi qu’un terrible accident subtilement suggéré. Porté par de sublimes acteurs, justes et émouvants, notamment une merveilleuse Anne Dorval qui crève l’écran, le spectateur peut difficilement réprimer une vague d’émotions qui transpercent de toutes parts. Mais cette histoire ce n’est pas juste celle d’un cœur qui quitte un corps pour en retrouver un autre, c’est aussi tout un panel de personnages qui vont directement être touchés par celui-ci, dont on découvre la vie à un instant T. Bien que la mort et la douleur soit omniprésente, c’est avant tout l’espoir et une furieuse envie de vivre qui se dégagent de ce film.

Il était par ailleurs extrêmement difficile pour la réalisatrice de retranscrire toute la poésie du roman. On ressent l’effort fait sur les premières scènes de surf, mais cela disparaît par la suite. Il est également dommage que certain passage très drôle du livre ne soit pas mis en exergue, car à aucun moment celui-ci ne tombe dans le pathos. Ce qui est peut-être davantage le cas ici.

Katell Quillévéré a tout de même réussi à adapter un livre particulièrement épineux à l’écran avec brio. Un film d’une incroyable transparence (les scènes de l’opération ne nous sont pas épargnées, attention donc aux âmes sensibles) qui expose avec délicatesse l’importance de l’entraide et du don d’organes.