Une vie

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Réalisateur(s) : Stéphane Brizé
Casting : Avec Judith Chemla, Jean-Pierre Darroussin, Yolande Moreau…
Genre : Drame
Pays : France/Belgique

Distribution : Diaphana Distribution

Avant-première surprise Sortie le 23 novembre


Normandie, 1819. A peine sortie du couvent où elle a fait ses études, Jeanne Le Perthuis des Vauds, jeune femme trop protégée et encore pleine des rêves de l’enfance, se marie avec Julien de Lamare. Très vite, il se révèle pingre, brutal et volage. Les illusions de Jeanne commencent alors peu à peu à s’envoler.


Chronique

Je suis allée voir ce film dans le cadre d’une avant-première surprise, aucune idée donc de ce à quoi s’attendre. Même le générique de début n’est pas projeté, on ne connaît donc ni le titre ni les acteurs et le réalisateur. Aucuns indices. C’est une expérience assez étrange que je recommande.

En revanche, je dois malheureusement dire que je n’ai pas accroché à Une vie. Cela tient d’une part à l’histoire en elle-même – je n’ai jamais réussi à finir ce roman de Maupassant qui pourtant est un excellent écrivain – mais je suis également mitigée sur la réalisation.

En deux mots : c’est long, c’est lent. Certes, le film doit, comme son nom l’indique, retracer la vie de Jeanne, jeune femme pleine de rêves et d’illusions, que le destin va vite faire déchanter. Elle va devoir faire face aux mensonges que tout le monde autour d’elle ne peut s’empêcher de lui faire, à un mari volage et peu affectueux et à un fils absent et profiteur. Mais 2h, c’est beaucoup trop long pour un film de ce genre, du moins filmer de cette manière, à la limite du soporifique. Chaque plan est d’une infinie lenteur et les dialogues trop répétitifs pour nous expliquer des choses que l’on a déjà comprises. Tant et si bien que j’ai passé la 2e heure à regarder ma montre toutes les 5 minutes. Le film aurait grandement gagné à couper une demi-heure, en rythme et en qualité. C’est quelque chose que j’avais déjà ressenti sur La loi du marché, le précédent film de Stéphane Brizé.

Ce qui est aussi paradoxal, c’est que le film est lent sur certains passages qui n’ont pas forcément de substance : les petits riens du quotidien, tandis que lorsqu’il se passe des événements importants qui nous permettraient de comprendre la psychologie de Jeanne, des ellipses temporelles sautent ces moments, rendant la compréhension difficile. On apprend ainsi son mariage, les tromperies de son mari, la mort de ce dernier…sur des plans de quelques secondes seulement, là où il aurait fallu davantage creuser.

C’est bien dommage car cette absence de maîtrise du temps ne m’a pas permis de rentrer dans l’histoire et de m’apitoyer pour ce personnage de Jeanne, qui pourtant subit sa vie plus qu’elle ne la vit. Certains clichés m’ont lassé également : si Jeanne est heureuse, il fait beau et quand elle est triste (c’est-à-dire la plupart du temps), il pleut. On comprend ce que le réalisateur a voulu faire : montrer la lente descente aux enfers d’un personnage passif, mais la mayonnaise ne prend pas. Je n’ai pas été davantage convaincue par le jeu des acteurs, seul Jean-Pierre Daroussin sort son épingle du jeu.

J’ai en revanche apprécié le choix du 4/3 qui enferme le personnage et qui permet d’en dessiner le portrait. On a tout de même affaire à une critique acerbe et pertinente de la société de la première moitié du XIXe, de la religion (assez virulente), de l’éducation des jeunes bourgeois et de la place de la femme qui n’a le droit d’émettre aucuns avis.

Je ne peux malheureusement pas recommander ce film, davantage ennuyeux que la fresque d’une vie qu’il promet.