smoke critique Smoke :

ça fume en demi-teinte

Smoke a tout du livre intriguant. A commencer par cette superbe couverture  dont le « S » s’évaporant en fumée attire le regard et suppose aux futurs lecteurs que la dite fumée est en effet au cœur du roman. Et pour cause ! Dans une Angleterre alternative du XIXe siècle, la société est construite de telle manière à distinguer les classes inférieures des supérieures en fonction de la fumée qui se dégage des pores de chacun. Si celle-ci est noire, c’est alors la preuve de mensonges, tromperies et autres crimes, si a contrario, elle est blanche, l’âme est pure.

 Comment déclenche-t-on une révolution ? On baptise un cadavre.

En s’inspirant du système des castes et des romans d’aventure de Charles Dickens, Dan Vyleta construit une dystopie proche des ambiances de steampunk. Il imagine, avec intelligence et à travers des raisonnements similaires à ceux de notre époque, une société dictatoriale assujettie par le désir de pouvoir. Malgré la noirceur poisseuse qu’il y règne, c’est aussi un livre qui brûle d’espoir et de la volonté de se battre pour la liberté et l’égalité.

Le roman souffre néanmoins de longueurs et d’un problème de rythme. Si toute la première partie est excellemment menée et fascine le lecteur par l’originalité de l’univers, le seconde s’essouffle et il devient alors laborieux de le terminer.

Pour son 3e roman, Dan Vyleta signe un récit singulier, qu’il est peu courant de croiser dans les rayonnages de littérature générale. 

Smoke Couverture du livre Smoke
Dan VYLETA
Fiction
Robert Laffont
Janvier 2018
483

" Si les particules toxiques qui proviennent d'un air vicié étaient perceptibles à la vue, nous les verrions peser en un épais nuage noir sur ces lieux. Mais si la peste morale qui les accompagne pouvait être rendue perceptible, quelle abominable révélation ! " Charles Dickens, Dombey et fils.

Angleterre, fin du XIXe siècle. À Londres s'entassent les classes laborieuses qui par tous les pores exsudent une infecte Fumée, preuve de leur noirceur intérieure et de leur infériorité. À la campagne vivent les aristocrates, d'une blancheur de lys et qui ne fument jamais, signe de leur vertu et de leur droit à gouverner. Dans un internat d'élite, Thomas et Charlie, seize ans, s'exercent sans relâche à dompter leurs instincts afin de ne pas fumer. Mais le doute les tenaille : comment se fait-il que l'un de leurs congénères, un vrai petit tyran, soit épargné par la marque du vice ? Avec l'aide de la ravissante et très prude Livia, ils enquêtent sur la nature réelle de la Fumée. Et découvrent que l'ordre établi est fondé sur une scandaleuse duperie. Dès lors, une lutte à mort s'engage entre eux et la police politique.