Poème « Échec et mat »

Échec et mat

L’amour est mort, échec et mat ;
Le Roi s’enfuit, la Reine craque.
Rose des vents, que le temps se hâte ;
Dissipe les nuages, d’une cicatrice opaque.

Quelle est donc cette épine qui me pique ?
La Rose m’a blessé.

Premiers émois, le Roi s’enflamme ;
Tout t’émerveille, Rose beauté.
La Reine doute, sonde son âme ;
Tout est merveille, Rose adorée.

Quelle est donc cette épine qui me pique ?
La Rose m’a aimé.

Sous ses faux airs ;
Qui s’y frôle, s’y perd.
Doux pétales, arômes exquis ;
Esquisses de couleurs, délicate fleur.

Quelle est donc cette épine qui me pique ?
La Rose m’a dupé.

Les pièces avancent, échiquier en place ;
La Reine s’enivre, la Roi la flatte.
L’amour est mort, échec et mat ;
Le Roi s’ennuie, le Roi se lasse.

Quelle est donc cette épine qui me pique ?
La Rose m’a renié.

Rouge passion, Rouge colère ;
Épineux bouquet de souvenirs amers.
Jeu éphémère, filante étoile ;
Seconde Reine et tout se voile.

Quelle est donc cette épine qui me pique ?
La Rose m’a trompé.

Fleur flétrie, espoir brisé ;
Ni plus ni moins qu’évanescences.
Seyants pétales envolés ;
Comme une claque, des réminiscences.

Quelle est donc cette épine qui me pique ?
La Rose m’a fané.

Le pot aux roses, gouttes de sang ;
Sens dessus-dessous, tout est morose.
Amour divin, amoureux vains ;
Orphée chimère, Eurydice vit un enfer.

Quelle est donc cette épine qui me pique ?
Rose mourante, Bourgeon lui manque.

Photo roses