CRITIQUE | Les Nouvelles aventures de Sabrina

CRITIQUE | Les Nouvelles aventures de Sabrina

Elle est de retour et elle est aussi dark que le pelage de Salem

Netflix, fort de ses succès avec Stranger things ou récemment The House of the haunting house, continue son envolée horrifique avec les Nouvelles aventures de Sabrina. Loin, très loin, de la Sabrina qui a fait rire toute la génération des années 90, la nouvelle Sabrina est so dark, et on adore ça !

Sabrina, l’apprentie sorcière, est d’abord un personnage introduit dans l’univers de Archie chez Archie Comics en 1962. Neuf ans plus tard, elle obtient sa propre série. Plusieurs adaptations en téléfilms et séries d’animation en découlent, mais la plus connue reste la série télévisée des années 90 avec Melissa Joan Hart dans le rôle titre, et le génialissime Salem, dont l’humour et le rire diabolique sont devenus la marque de fabrique.

En 2014, Sabrina fait l’objet d’une série comics spin off, Chilling Adventures of Sabrina. Créée par Roberto Aguirre-Sacasa, la série se déroule dans une chronologie alternative et s’ancre dans un univers horrifique, une version autrement plus sombre, gore et sexuelle. Roberto Aguirre-Sacasa porte finalement sa série sur les écrans de Netflix. Et l’on souffle à nos oreilles que Glénat aurait une petite surprise à nous faire d’ici l’année prochaine…

Les Nouvelles aventures de Sabrina, c’est d’abord une série qui renoue avec les sources des représentations des sorcières. Depuis quelques années on a affaire à un rejet des créatures traditionnelles. Que ce soit avec les sorciers urbains de Harry Potter, ou les gentils vampires scintillants de Twilight, ces créatures sont humanisées et surtout beaucoup moins sombres et violentes. Ici, les sorcières n’ont certes pas de chapeaux pointus ou de balais, mais elles sont plus démoniaques, au service de Satan, n’hésitent pas à tuer et adorent pratiquer le cannibalisme.

C’est par ailleurs également sous sa forme traditionnelle qu’apparaît Satan, représentation somme toute plutôt rarissime sur les écrans. On se rappelle de ses pattes crochues dans Rosemary’s baby, mais la plupart du temps le diable est absent de l’image et se cantonne aux films de possession. C’est donc en bouc inquiétant qu’on l’aperçoit dans la série.

Toutefois si la série utilise les créatures dans ses formes ancestrales, c’est pour mieux aborder des questionnements ô combien actuels. En effet, Sabrina est une vraie série féministe, dans laquelle l’adolescente lutte pour l’égalité des femmes, revendique son droit au libre arbitre et cherche à briser les veilles idéologies. Parfaitement interprétée par Kiernan Shipka que l’on avait adoré voir grandir dans Mad men, Sabrina incarne avec brio le mouvement girl power, flanquée de ses deux tantes géniales, avec une mention spéciale pour Mirando Otto en Zelda.

Avec tout juste ce qu’il faut d’horreur poisseux notamment grâce aux masques et maquillages qui prédominent sur le numérique, Les Nouvelles aventures de Sabrina est une série qu’on adore dévorer à la fois pour son côté traditionnel et de l’autre ses thématiques contemporaines.

Les Nouvelles aventures de Sabrina Couverture du livre Les Nouvelles aventures de Sabrina
Roberto Aguirre-Sacasa
Kiernan Shipka, Ross Lynch, Miranda Otto, Lucy Davis, Michelle Gomez...
Netflix
Drame / Épouvante-Horreur / Fantastique
Américain
octobre 2018

Les nouvelles aventures de Sabrina imagine l’origine des aventures de Sabrina l’apprentie sorcière comme une sombre histoire axée sur le passage à l’âge adulte à travers l’horreur, les sciences occultes et bien sûr la sorcellerie. Sabrina lutte pour concilier sa double nature – mi-sorcière, mi-mortelle – tout en s’opposant aux forces du mal qui la menacent elle, sa famille et le monde des mortels.