INTERVIEW EXCLUSIVE | Julien Sandrel, auteur de La Chambre des merveilles

itw julien sandrel Julien Sandrel : « J’ai toujours été fasciné par le pouvoir de l’écriture »

 

Pour son premier roman, Julien SANDREL appelle à (re)vivre son histoire, à profiter de chaque instant, à travers le parcours de Thelma qui décide de réaliser les rêves de son fils tombé dans le coma. Un feel good book publié par les éditions Calmann Levy dont vous pouvez retrouver la chronique ici

Bio
Je m’appelle Julien Sandrel, j’ai 37 ans, je suis originaire de Hyères, dans le Sud de la France. Je vis à Paris, j’ai deux enfants. La Chambre des merveilles est mon premier roman.

Interview

Pourriez–vous me raconter comment vous avez commencé à écrire ? La Chambre des merveilles est votre premier roman, quel sentiment cela vous procure–t–il d’être publié ?

J’ai toujours voulu écrire. C’était un rêve de gosse, en quelque sorte. Quand j’étais enfant et qu’on me posait la question rituelle « qu’est–ce que tu veux faire quand tu seras grand ? », je répondais invariablement écrivain ou metteur en scène.

Cette envie, ce besoin d’écriture est revenu en force il y a deux années de cela. J’ai décidé d’aller au bout de l’écriture d’un roman, j’ai écrit La Chambre des merveilles, et Calmann–Lévy a décidé de le publier.

J’écris pour raconter des histoires, donc pour être lu. Être publié, c’est tout simplement la possibilité de raconter des histoires à un nombre important de personnes, et c’est formidable bien sûr. J’ai toujours été fasciné par le pouvoir de l’écriture – qu’il s’agisse de romans, de films, de musique, pour moi c’est le même type de processus. J’aime me laisser emporter en tant que lecteur, que spectateur, dans une histoire, un univers avec des personnages auxquels je m’attache et qui me font vivre des choses que je ne vivrais pas dans la vraie vie. L’écriture a ce pouvoir de créer des émotions intenses, uniques, c’est ce qui m’intéresse.

 L’écriture a ce pouvoir de créer des émotions intenses, uniques

Avez-vous des rituels d’écriture ?

Je n’ai pas de rituel particulier, mais j’ai quelques habitudes. J’écris essentiellement chez moi, la plupart du temps dans mon fauteuil fétiche, mon ordinateur portable sur les genoux, en buvant pas mal de café… Mais j’écris aussi en vacances, dans des cafés parisiens – et dans ce cas-là en musique… Tout au long de l’écriture de la Chambre des merveilles, la bande–originale du film « La leçon de piano » de Jane Campion (BO de Michael Nyman) m’a accompagné. Je l’évoque d’ailleurs dans le livre.

Quels sont les auteurs que vous aimez lire ? Votre livre de chevet ?

En littérature, je lis surtout des romans contemporains. J’aime d’une façon générale la fiction, les romans centrés sur des intrigues fortes, des personnages forts, une écriture assez simple, sans fioritures, ce qui ne veut pas dire sans style.

J’aime par exemple les romans de Delphine de Vigan, David Foenkinos, Amélie Nothomb, Sorj Chalandon, Arto Paasilinna… et en thrillers et polars, Fred Vargas, Gillian Flynn, Franck Thilliez, Mo Hayder, Stieg Larsson.

Plus loin dans le temps, j’apprécie Albert Camus, Marguerite Duras, Agatha Christie,Shakespeare, Maupassant.

Je n’ai pas de livre fétiche, et d’une manière générale je relis très rarement un livre déjà lu… j’aime découvrir de nouvelles histoires.

chambre des merveillesVotre livre a été publié d’abord à l’étranger, comment avez–vous procédé ?

Mon roman a été présenté par Calmann–Lévy aux éditeurs étrangers en octobre, lors de la Foire Internationale du Livre de Francfort. De nombreux éditeurs étrangers l’ont lu, l’ont aimé et ont décidé d’en acheter les droits de publication et de traduction pour leur langue / leur pays, sans même attendre sa parution en France. Mon roman existera donc en anglais, en espagnol, en italien, en japonais, en allemand, en chinois, en islandais, en roumain etc. Plus de 20 langues sont d’ores et déjà certaines… C’est le fruit du formidable travail de l’équipe de mon éditeur, Calmann–Lévy. Tout cela est incroyable, presque irréel, et j’en suis absolument ravi. 

En revanche, il faut préciser que mon roman n’a pas encore été publié dans les autres langues : il est en cours de traduction, et les sorties à l’étranger se feront dans les 18 mois à venir. Je suis Français, j’écris en français, la première sortie a eu lieu en France (le 7 mars 2018).

Une adaptation au cinéma serait même prévue. Allez–vous participer au projet ?

Les droits d’adaptation cinématographique sont en effet en cours de négociation. Je suis bien évidemment impliqué dans les différentes étapes, je rencontre des producteurs, des réalisateurs qui se sont enthousiasmés pour mon roman. Je ne peux pas en dire beaucoup plus pour l’instant, mais tout ça est extrêmement excitant !

Avez–vous effectué des recherches ou consulté des professionnels de santé concernant le coma ?

Oui, bien sûr. J’avais besoin de valider que les situations que j’évoque dans mon roman étaient de l’ordre du possible. Ensuite, il s’agit d’un roman, donc de fiction. Mon livre n’est absolument pas centré sur le coma, mais bien sur les aventures un peu folles que mon héroïne, Thelma, va décider de vivre pour tenter de réveiller son fils.

 C’est l’histoire d’une transformation positive, une sorte de parcours initiatique

Que voulez–vous transmettre à travers votre livre ?

La chambre des merveilles, c’est le pari un peu fou d’une mère qui tente de sortir son fils du coma en réalisant chacun de ses rêves, en les lui racontant, en les lui faisant vivre par procuration… en se disant que s’il entend ses incroyables aventures, peut–être que ça lui donnera envie de revenir à la vie.

L’histoire que je souhaitais raconter, celle de Thelma, c’est l’histoire d’une transformation positive, une sorte de parcours initiatique, à près de 40 ans. Après l’accident de son fils, les cartes de la vie de Thelma sont rebattues. En vivant les rêves de son fils, Thelma se découvre elle-même, se comprend mieux, s’écoute mieux aussi. Cet événement la force, en quelque sorte, à se poser les bonnes questions sur « les choses importantes de sa vie », à se réinventer, à trouver son propre chemin.

J’ai eu envie de parler de tout ça avec une tonalité à la fois grave – car le point de départ est un événement dramatique – et légère. Avec un petit grain de folie, à travers les folles expériences qu’un adolescent de 12 ans peut avoir envie de vivre… parce que la vie c’est ça aussi. On n’écoute pas suffisamment l’enfant, l’adolescent qui sommeille encore en nous, pourtant qu’est–ce que c’est bon de lâcher prise !

Pour finir, avez–vous des projets d’écriture ?

Oui, bien sûr ! Je suis actuellement en plein dans l’écriture de mon prochain roman 🙂

Si ce n’est pas encore fait, lisez donc la Chambre des merveilles. Un grand merci à l’auteur !

La Chambre des Merveilles Couverture du livre La Chambre des Merveilles
Julien Sandrel
Calmann Levy
7 mars 2018
272

Un premier roman bouleversant et drôle, et déjà un succès. Plus de 20 pays ont acheté les droits avant même sa parution ! Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère, Thelma, qu’il est amoureux pour la première fois, il voit bien qu’elle pense à autre chose. Alors il part, fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion le percute de plein fouet. Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis. En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a dressé la liste de toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait vivre au cours de sa vie. Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles, elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures, il verra combien la vie est belle. Peut–être que ça l’aidera à revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers elle il aura vécu la vie dont il rêvait. Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on a presque quarante ans...