Exercice de style : critique acerbe de Twilight

Ce n’est pas dans mon habitude de descendre complètement un livre, je dis mon opinion ce que j’aime et ce que je n’aime pas, mais je pense qu’il y a forcément des points positifs dans tout œuvre. Néanmoins dans le cadre d’un de mes cours de ma formation, nous avons dû nous prêter à un exercice de style : celui d’écrire une critique virulente à l’instar des chroniqueurs de radio tel que Le Masque et la Plume, en utilisant l’ironie et l’antiphrase. J’ai choisi la saga Twilight de Stephenie Meyer. En espérant ne froisser personne.

J’ai lu Twilight. Je le confesse, en ce jour, j’ai lu Twilight, et toute la série qui plus est. On m’a offert le premier tome et, à ce moment-là, la saga n’était pas connue ; je l’ai donc lu sans aucun apriori. Pour les tomes suivants, c’est une autre histoire. Je ne suis pas maso, mais j’étais intriguée de savoir si l’auteur allait pousser le vice jusqu’au bout.

twilight-tome-1-fascination-524543-250-400Fascination. Non, ce n’est pas le terme que j’aurais employé pour ce premier tome. Pour faire simple, Twilight c’est la série où il ne se passe strictement rien. Parce qu’une poignée de vampires végétariens étincelant au soleil que toutes les filles rêvent de se mettre sous la dent ne suffit pas à créer une intrigue originale.

bm_10603_571117Tentation. Oui j’ai été tenté de lire le second tome, dans l’espoir qu’il se passe enfin quelque chose. Mais, ici point de vampires, ils se sont tous éclipsés et on l’aurait voulu qu’il en soit ainsi jusqu’au bout.

untitledHésitation. Ah là oui, pour le coup, j’ai vraiment hésité à aller plus loin parce que cela faisait quand même deux tomes que je m’ennuyais ferme. Mais enfin il y a les Volturi qui sont entrés en jeu : une famille despotique qui règne sur les vampires et n’apprécie guère le couple hybride Bella/Edward. Enfin un peu d’actions ! Un semblant d’intrigue se crée et on se dit que les péripéties vont poindre à l’horizon.

9782012016828Révélation. En effet, ce dernier titre porte bien son nom. J’ai finalement eu un éclair de génie : Twilight c’est tout simplement un désastre.

Voilà une auteur qui a réussi à faire durer quatre tomes une amourette où les principales actions reposent sur Bella qui se fait à manger et se lave les cheveux. Stephenie Meyer a un véritable don. Si ce n’est celui de l’écriture, on doit bien lui reconnaître un talent pour les ellipses temporelles et les facilités scénaristiques.

Car non il n’y a pas de bataille finale dans Twilight : Bella ayant développé la capacité, une fois transformée en vampire, de faire apparaître une bulle protectrice. Au revoir les Volturi, merci d’être passé dire coucou. Comble du pathétique, on en finit par attendre avec impatience la scène de sexe entre les personnages. Oui parce que Edward, le beau gosse vampire, craint de dévorer sa copine, ce qui aurait pourtant apporté un peu de piment. Bella ne tient plus, et nous non plus d’ailleurs ; et quand enfin cette scène pointe le bout de son nez, hop ellipse temporelle ! Merci Stephenie, y a-t-il dans Twilight quelque chose à croquer à pleine dent ?

'The Twilight Saga: Breaking Dawn - Part 1' Premiere - Los AngelesJe dois dire que son tour de force est d’avoir réussi à faire passer la pédophilie pour un acte d’amour presque poétique. Dans l’univers de Twilight également peuplé de beaux gosses loups-garous (vous constaterez que nous ne sommes absolument dans un univers manichéen proche du bisounours), les loups-garous sont monogames. Et n’est-il pas tout à fait exquis que Jacob, le loup-garou donc, tombe amoureux du bébé de Bella, à peine sortie du ventre de sa chère maman ? Et comme loups-garous et vampires ne font pas bon ménage, les familles respectives ne sont pas très contentes, non pas en raison de la différence d’âge évidente, mais simplement à cause du problème de race.

Shakespeare peut bien remballer son Roméo et Juliette : Stephenie Meyer ose tout avec son Loup-garou + fœtus. J’ai lu Twilight. Mea culpa. Bram Stoker a dû se retourner dans son cercueil.